25.02.05 love is a battlefield
Hier, j’ai terminé l’excellent Échecs amoureux et autres niaiseries de Matthieu Simard. Je l’ai lu presque d’une traite, un après-midi, riant aux éclats par bouts et même versant une larme à un endroit. Intéressant de lire ça, en tant que fille, quand même. J’ai été la plupart des gonzesses que Matthieu décrit. J’ai été la fille en arrière de la moto, la conjointe qui planifie l’avenir de façon pathologique, la fille excitante et exotique avec qui t’as vécu une histoire débile et explosive de quatre jours, la conjointe devenue plate, avec qui tu t’es fait venir d’innombrables St-Huberts, celle avec qui t’as pas été correct, celle à qui tu repenses de temps en temps, et celle dont tu te souviens plus. J’ai quand même pas été la fille qui s’est fait cruiser après s’être fait vomir dessus, mais quand même celle qui s’est fait cruiser après s’être fait accidentellement cracher dessus. Je me souviens que je m’étais dit “Non, je peux pas prendre un verre avec. Qu’est-ce que je raconterais à nos petits-enfants?”.
Intéressant de lire ça en tant que fille, mais intéressant de lire ça cette semaine aussi. La semaine des deux échecs en deux jours. Ça doit quand même être un genre de record personnel, certain. Non, je sais, on me le répète, c’est pas moi qui rushe, c’est ce qu’on me dit, et c’est sans doute vrai, mais hostie que c’est déprimant pareil. Deux fois en deux jours, quelqu’un avec qui tu passes plein de bon temps te dit qu’il peut plus te voir. Je sais, c’est temporaire, mais tout d’un coup le temps est comme long. T’as encore des plans en soirée, tu les passes avec des hommes incroyables, tsé le genre d’homme qui fait une combine spectaculaire quand tu pèses X-X-carré juste au bon moment.
Mais t’as pas rien à dire, toi, parce que dans ton cas, t’en es là à cause de toi, à cause de tes choix. Tu te l’es attiré. Mais pas plus fine que personne autour, toi aussi tu te demandes c’était quoi ton hostie de problème, pourquoi t’es pas arrivée à faire marcher ton coeur au pas. Mais non, ça peut pas être toi qui rushe, qui angoisse. Ça a été ta décision, après tout.
Je les ai écrits, moi aussi, mes échecs amoureux, à ma façon, même si je les publierai pas tout de suite pour protéger les innocents. Mais trompez-vous pas personne. Les échecs amoureux c’est plate et déprimant pour tout le monde. Même les gonzesses.

